Dans la confusion permanente qui est devenue la principale caractéristique de la politique fiscale de la France, il se dégage une seule et très claire certitude : tous les coups sont permis. L’Etat a besoin d’argent pour éponger ses erreurs passées et futures : il prend. Un point c’est tout. Quitte à changer les règles du jeu au fur et à mesure de ses errements.
Lorsque j’ai souscrit une assurance-vie en France, j’ai adhéré à un contrat relativement clair : en échange de la mise à disposition d’une épargne stable et de long terme, celle dont a besoin un pays et ses entreprises pour investir dans le futur, les infrastructures et la recherche, je bénéficierai d’une exonération fiscale sur les revenus de ces placements, et partiellement sur les droits de succession (dans la limite d’un million de francs).
En outre une part significative (en général de 30 à 50%) de ces montants serait constituée d’emprunt d’Etat français, preuve supplémentaire de ma confiance.
Aujourd’hui la première partie de ce contrat de confiance est rompue : ce qui est était jusqu’à présent exonéré sera soumis à taxation, et ce de façon rétroactive. Tous les revenus « exonérés » constitués au fil des années ne le sont plus. Ils seront taxés au taux d’aujourd’hui, et surtout de demain…
« Ils n’oseront pas toucher à l’assurance-vie » m’a toujours répété avec une parfaite assurance mon banquier. Ils ont osé.Aujourd’hui 15,5%, soit. Mais demain, ou dans 10 ou 20 ans ? Lorsque vous aurez besoin de puiser dans votre assurance-vie, de combien sera ce taux ? Pour mémoire : la CSG a été instaurée « à titre provisoire » en 1990 au taux de 1,1% pour financer le déficit de la Sécurité sociale.
Une CSG de 25 à 30% d’ici 10 à 20 ans est par conséquent tout à fait probable, ce d’autant plus que le gouvernement à plusieurs fois indiqué qu’il comptait sur la CSG en priorité pour palier au faible rendement de l’impôt sur le revenu, en raison de sa simplicité et de son assiette très large.
On parle déjà de financer les déficits des retraites avec la CSG : vous pouvez donc imaginer la taille de la pompe à phynance qui va se mettre en place dans les prochaines années pour éponger 30 ans de déficits et de démagogie électoraliste.
Où l’Etat va t-il prendre cet argent ? Là où il est : dans les 1416 milliards d’euros placé par les Français dans leur assurance-vie. Vous avez une assurance-vie, donc vous êtes « riches » pour Hollande, Moscovoci et consorts, dont vous pouvez raquer pour leurs erreurs.
Le saviez-vous, la part « euros » de votre assurance-vie est en grande partie constituée d’emprunt d’Etat français.Si vous avez une assurance-vie, il est très probable qu’une partie assez importante de vos économies (en général au moins 30%) soit placée dans un poche dite « euros ». Cette partie est généralement présentée comme totalement sécurisée par votre banquier, en contrepartie d’un rendement très faible.
A l’époque où j’ai souscrit une assurance-vie, il me semblait inconcevable de douter de la parole de l’Etat français ou de la compétence en matière d’économie et d’investissement de ses dirigeants. Première erreur.
De même qu’aujourd’hui il parait inconcevable que la France fasse défaut sur le paiement de sa dette comme un vulgaire pays du tiers monde.
Mais la situation actuelle est en fait complètement hors norme dans l’histoire de l’économie, et totalement absurde : avec des taux d’intérêts proche de 0% (0.25% pour la BCE) et les États-Unis qui font tourner la planche à billet (en jargon policé : QE, ou quantitative easing) à plein régime, les États en quasi faillite comme la France se financent quasiment à taux zéro. Mais que se passera-t-il lorsque la planche à billet cessera de fonctionner et que les taux d’intérêts vont commencer à remonter ?
Dans ce cas de figure la situation de la France ne sera pas très différente de celle de la Grèce actuellement. C’est une simple mesure de bon sens qui ne va pas tarder à s’imposer : la dette d’un pays endetté à près de 100% du PIB et qui emprunte pour payer ses intérêts vaudra peau de lapin, et sera remboursée à la sainte Totoche.
La dette française n’est qu’un « junk bonds » de plus qui attend de tomber comme un fruit mur à la première attaque spéculative un peu sérieuse. Il sera trop tard pour s’en débarrasser lorsque les « zinzin » qui en détiennent la plus grande part auront commencé à la jeter par-dessus bord. Vous ne me croyez pas, j’exagère ?Pensez aux valeurs « pères de famille » que votre banquier vous recommandait la bouche en cœur il y a dix ans ; France Télécom, Alcatel, Vivendi (Générale des eaux à l’époque).
Toutes ces valeurs profitaient en fait d’un quasi-monopole entretenu à grand frais par l’Etat : dès qu’un pet de concurrence est apparu sur le marché elles se sont effondrées. Si vous avez investi comme un « père de famille » il y a dix ans, aujourd’hui vous avez perdu 90% de votre mise…
Si vous gardez vos emprunts d’Etat les yeux fermés, vous perdrez 100%. Un Etat ne peut pas faire faillite par définition : il peut toujours lever plus d’impôts et prendre dans la poche du contribuable pour mettre dans celle de l’épargnant. C’est le Ponzi scheme à grande échelle qu’on nous sert aujourd’hui sans la moindre pudeur, mais au fond vous n’êtes obligé de participer : vendez tout !
Cela fera peut-être réfléchir les Madoff aux petits pieds qui occupent Bercy.
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